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- POLITIQUE ET CITOYENNETÉ  : LE FFS EN ÂGE DE PARTI -

 
El-Hadi CHALABI
13 septembre 2006

En politique, les termes n’ont jamais, en tous les cas si rarement, leur sens exact, celui qu’on voudrait leur faire porter, de manière plus ou moins sournoise, masquant ainsi les enjeux ou le fonctionnement effectifs du terrain. Il en est ainsi du parti politique comme de la citoyenneté, de la transparence ou de l’Etat de droit. Pour nous en tenir à ces quelques exemples qui se retrouvent en cercles concentriques par renvois successifs permanents dans le jargon quotidien, on remarque qu’ils sont frappés du même discrédit. Non pas tellement à cause des invocations sans intérêt au quotidien, mais parce qu’on n’arrive pas à leur trouver prise sur ce à propos de quoi il serait question de les faire agir.

Là où on parle de transparence on se rend vite compte de l’épaisseur de la brume.
Quand il est question de citoyenneté celle-ci n’est convoquée que pour mieux en cacher l’indigence. De sorte qu’elle est vidée de tout contenu qui la mette en rapport avec ses acteurs. On y pose des conditions, barrières et privilèges.
Là où on s’ingénie à lui tailler de la pompe, l’Etat de droit se confond avec l’arbitraire en se mettant à son service.

Quid du parti politique ?
Il sert au moins à éclairer sur ce qui précède en contribuant dans l’action quotidienne à des positionnements sur telle ou telle question. Le parti politique est - disons plutôt est censé être - l’interpellation permanente dans le temps et en toute matière. Tout simplement parce qu’un parti politique, dans un cadre, l’Etat, au sein d’une société, d’où il tire ses assises et une prétention à la légitimité, est porteur d’espoir, hissé par une utopie. Au sens de moteur de l’histoire. Il a vocation au rassemblement en veillant constamment à être le gardien vigilant des libertés sans se départir de la quête de justice.
On a eu l’occasion de l’écrire par ailleurs, ce parti là n’est qu’un rêve qui, de plus en plus s’est transformé en cauchemar. La loi de 1989 sur les partis politiques y a pourvu dans une construction maintenant bien connue.

Il n’empêche, on s’est pris à rêver, enfin beaucoup s’y sont laissés aller simplement parce que, en dehors des partis courroies de transmission d’un pouvoir ayant su se reprofiler, il y avait ce parti qui se baptise souvent comme le plus vieux de tous. L’ancienneté ici est un hommage à la sagesse, à la longue « marche », à la ténacité comme aux besoins de répondre à l’utopie. Il y a le FFS. Or, il se révèle rapidement dans le feu de l’action n’être qu’un parti-gourou. Il est taillé, loin de l’utopie-aiguillon historique comme consécration de l’un des « historiques » tourné vers un moment de l’histoire qui n’exigeait que peu d’élus pour beaucoup de prétendants. Ici tout s’est figé, iconifié. Le moteur s’est mué en un frein que seul le gourou peut exercer sur sa secte, convaincue soudain que c’est tout ce qu’elle pouvait être. Et rien d’autre. Les procès ont succédé aux procès suivis de rappel à l’ordre d’un gourou sur qui plus rien n’a de prise, puisque les règles du parti sont faites par lui pour les autres, mokaddem et khouans.

Pourtant, à force de frottements, d’engagements laissés en rade, de réflexion aussi, des militants se sont souvenus que leur action s’ancre ailleurs, dans le « combat démocratique ». Ils se rappellent qu’un parti politique a des règles : il a sa constitution. Celle-ci n’est pas simplement une suite de prérogatives dévolues à tels organes mais un impératif garantissant accès à la parole, aux responsabilités dans le respect des engagements programmatiques immédiats et futurs. Des militants se sont levés pour rappeler tout cela à leur direction qui a fait la démonstration que le pouvoir, par l’extension de ses pratiques largement partagées et scrupuleusement mises en œuvre, ne s’arrête pas à quelques casquettes fussent-elles étoilées. Peu importe à combien, en nombre, ces militants sont estimés, ce qui est sûr c’est que la valeur de leurs « revendications militantes » (voir document ci-dessous) ne peut être que hautement estimable. Ces revendications poussent à y adhérer au-delà de la dimension purement partisane.
Elles soulèvent des questions brûlantes en redonnant au FFS la dimension dont il s’est privé au fil des années et de l’usure des équipes successives. En effet, la question centrale aujourd’hui, n’est-elle pas comment être un grand parti capable sur la place publique de porter les revendications susceptibles d’en faire un catalyseur national ?


Dans leur action au grand jour, à peine esquissée dans la presse (exception faite de l’article du Jeune Indépendant du 11/9/006), ces militants du FFS ont sorti les catégories politiques trabendisées (citoyenneté, Etat de droit, transparence, parti politique) au grand jour déployant leur sens comme des oriflammes. Ils rappellent à leur parti-gourou qu’il ne servira à rien de se lancer dans des batailles procédurières à effets de manches sur la nature des pouvoirs, le régime présidentiel ou parlementaire, sans effet aucun sur la masse des algériens, si l’on n’est pas déjà en mesure de respecter la constitution de son propre parti, dans ses règles de fonctionnement aussi bien que dans la fidélité à ses idéaux.


le 13 septembre 2006
El-Hadi CHALABI

 

 


Document diffusé le 31 août à l'occasion de la Marche devant le siège du FFS à ALGER :

 

FFS
FRONT DES FORCES SOCIALISTES
Rassemblement national des militants au siège du Parti
(31 août 2006)

Revendications militantes

Depuis sa proclamation en septembre 1963, le FFS a traversé des phases de vie difficiles soumises aux effets d’un environnement politique et médiatique pas toujours favorables.
Les moyens mis en œuvre par le FFS pour mener son combat démocratique pour l’avènement de la Deuxième république fondée sur le libre choix des citoyens, l’alternance au pouvoir, la souveraineté populaire et la défense des libertés individuelles et collectives se sont avérés nettement insuffisants eu égard aux ambitions affichées par le Parti sur la scène publique nationale et internationale.
Aujourd’hui, même si la volonté politique existe à l’intérieur du FFS, l’incohérence et l’irréalisme chez nombre de nos dirigeants expliquent la carence d’activité et d’initiative politiques relevée par la base militante éloignant ainsi le Parti de son rôle de catalyseur et de locomotive et, inexorablement, le coupera des attentes de la population.
La déficience préméditée du cadre organique, a dévoyé le dispositif statutaire à l’exercice du pouvoir de décision mais aussi à l’activité de contrôle à même d’empêcher les dérives. Ce qui a induit la paralysie des structures imposant ainsi un état d’inertie insidieux à l’intérieur du Parti.
L’organisation d’un débat biaisé aux objectifs inavoués, a instauré un climat de doute et de suspicion à l’intérieur des structures, encourageant ainsi des batailles de caniveau dans lesquelles des déballages hystériques ont opposé des militants censés partager les mêmes valeurs.
Nous militants du FFS, touchés dans notre amour propre, méprisés, inconsidérés par l’actuel secrétariat national, qui abuse de son pouvoir exorbitant, défiant toute éthique politique en violation des textes et statuts du Parti, prenons aujourd’hui l’initiative d’un sursaut militant salvateur, revendiquons :

-Sur le plan politique-
1)Réhabiliter le politique à l’intérieur du parti en instaurant un débat militant à tous les niveaux des structures.
2)Mettre fin à la confiscation de la décision politique par l’appareil.
3)Reprendre l’initiative politique sur le terrain en tant que force d’opposition et de proposition.

-Sur le plan organique-
1)Réhabiliter les instances légales et légitimes du parti dans leurs prérogatives en application des statuts.
2)Convoquer un conseil national extraordinaire pour ouvrir un débat de fond sur l’état du parti, éventuellement, en présence du Président.
3)Mettre en place un calendrier, imposable à tous, pour la tenue des échéances nationales statutaires (Audit, conventions, conférences des cadres et des élus, congrès national).
Par notre action militante, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs et principes fondateurs du FFS et restons mobilisés autour de ces revendications militantes.

Alger le 31 août 2006.

 


 

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